Un Grenoblois qui n’aime pas la montagne, ou tout du moins qui ne l’apprécie pas à sa juste valeur, un comble non ? Et pourtant c’est ce que j’étais durant une quinzaine d’années. Elle était là juste à côté de moi, je la voyais mais ne la regardais plus. Bien sûr on passait quelques bons moments ensemble de temps en temps mais ça n’allait pas plus loin. Tel un vieux couple tombé dans sa routine, nous avions oublié de prendre soin l’un de l’autre. Et puis il a fallu que je vive la semaine la plus difficile de ma vie pour changer tout ça et rebondir. Un samedi d’hiver qui s’annonçait bien pourri, plutôt que de rester cloitrer à me morfondre au fond du canapé devant une TV abrutissante, passez-moi l’expression, j’ai décidé de me bouger le cul ! J’ai pris ma caisse, loué des raquettes et suis parti me faire une randonnée dans le Vercors. Je suis passé au-dessus de la grisaille, la neige était fraiche, le soleil resplendissant et une mer de nuages s’étendait sur tout le bassin Grenoblois, magnifique, une bouffé d’oxygène ! J’ai posé mes idées au clair, remis les choses dans l’ordre et commencé à comprendre le choix que j’avais fait. Pour reprendre le titre d’un film Français que j’adore : « le premier jour du reste de ma vie » ! Et ensuite j’ai continué, cette montagne m’a servi de thérapie pour avancer. J’ai réappris à m’émerveiller des beautés qui nous entourent, j’ai (re)découvert les grands classiques de ma région, de la Chartreuse au Vercors en passant par Belledonne… tout en avançant dans ma réflexion.

Tout ça pour en venir au fait que sans toute cette démarche, peut-être que je ne serais pas là où je suis aujourd’hui et que je n’aurais pas autant apprécié de me retrouver au pied de l’Aconcagua. Car oui, quand je me suis retrouvé à 3200 m d’altitude devant l’un des plus hauts sommets du monde (6959 m), j’ai pris une belle claque ! Ces montagnes imposantes et majestueuses, toutes ses couleurs, ses herbes vertes et jaunes, cette terre ocre-orangé-sablé, cette neige et ses nuages blancs, et ce ciel bleu profond : un mélange de feu. Et je m’y suis senti bien, vivant, heureux d’être ici à l’autre bout du monde pour découvrir ces merveilles, à vivre (enfin) pleinement l’instant présent. Le genre de sentiment que vient conforter les choix que j’ai fait depuis plusieurs mois.

De plus, c’est marrant, la veille j’avais reçu un message sur Facebook d’une connaissance que je n’ai pas vue depuis quelques années. Celui-ci était simple et me disait qu’elle me trouvait resplendissant et que je respirais le bonheur sur mes photos ! Aussi inattendu que touchant, merci Mumu. Un message qui fait bien plaisir et qui vient encore renforcer ma démarche pour aller vers une vie qui me ressemble plus. Et le voyage en fait parti, et il est vrai qu’il me correspond bien. Il est fait de planifications, d’improvisations, d’opportunités, de nouveautés constantes, de réflexions, d’adaptations, de découvertes, d’émerveillement, de partages, mais aussi de rencontres, parfois superficielles et d’autres plus profondes. Alors oui à un moment il faudra revenir à une certaine réalité, j’en suis bien conscient. Mais d’une part, je suis persuadé que je pourrais adapter cette philosophie de vie à mon quotidien, et d’autre part, pour le moment tout ça est bien loin, on verra par la suite.

Voilà j’aurais pu vous dire que je suis repassé en Argentine après le Chili, j’aurais pu vous parler de mes six jours à Mendoza, du Gorilla Hostel où j’ai hébergé, accueilli par Ben et sa team de frenchies super sympas et disponibles, du temps pourri qu’il a fait durant ce séjour, d’un petit tour aux termes de Cacheuta avec des Chiliens et Argentins adorables, d’une tournée des bodegas pour goûter les vins de la région, mais voilà l’essentiel était ailleurs…

Cet article a 8 commentaires

  1. Ionion

    Tes photos sont superbes !
    Profite de tous ces instants mon Lolo !

  2. Nicolet

    On est fier de toi mon lolo! Des gros gros bisous

    1. Lolo

      Merci ma Delph, gros bisous

  3. Chichi

    Superbes photos et superbe philosophie! Ça fait plaisir à lire d’ici. Si jamais un jour tu veux monter là-haut, je suis partant ;-).
    Bises

    1. Lolo

      Merci Chichi. L’ascension de l’Acancagua sur 15 jours, pourquoi pas un jour, ça doit être fou ! 🙂

  4. Rod

    Le Lolo touriste c’était sympa mais le Lolo philosophe ça c’est intéressant.

    1. Lolo

      No soy un turistico, soy un viajero 😉

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