Quelle est la capitale de la Bolivie ? La Paz ? Et non perdu c’est Sucre (prononcer Sucré). Je vous rassure je le pensais aussi. En fait les deux sont considérées comme des capitales, Sucre étant la capitale constitutionnelle, et La Paz la capitale gouvernementale. Après Uyuni et un passage éclair par Potosi, nous sommes donc arrivé à Sucre.

Sucre

Et autant l’avouer je n’ai pas bien vécu ce séjour. En effet j’ai eu un gros coup de mou, qui a tout doucement commencé durant Uyuni (ça se ressent peut-être d’ailleurs dans mon précédent article). Sûrement le coup de blues du voyageur, Tristan m’avait prévenu que ça pouvait arriver après trois mois. C’est sûrement un mélange de plusieurs choses, de la fatigue déjà car entre San Pedro et Uyuni les excursions ont été plutôt éprouvantes. Fatigue aussi d’être sur la route et de toujours bouger. Et puis après trois mois entre l’Argentine et le Chili, la Bolivie sonnait comme un temps mort, je n’avais pas trop d’idées où aller et quoi faire… Peut-être aussi que l’auberge où nous avons résidé à joué, nous étions en effet dans un party hostel, une sorte de grosse estancia (certes très jolie) où tout est fait pour que vous restiez à domicile avec resto, bar, discothèque, le tout avec plus d’une centaine de backpackers (!!!), une usine à gaz qui manquait clairement de convivialité. L’accueil des Boliviens n’a pas dû aider aussi, car on ne s’est pas senti le bienvenu dans les rues de Sucre. Enfin tout simplement un besoin de retrouver un peu quelques repères, sans parler de routine. Un petit mal du pays… Car oui des choses me manquent parfois, les amis, la famille, l’impro, faire du sport régulièrement, m’écouter un vinyle, la bouffe Française, un bon plateau de charcut-fromage avec une bouteille de St Joseph… Une personne avec qui partager ma vie… Donc oui pendant ces quatre jours, je n’étais pas vraiment dans le mood et je n’ai pas dû bien être agréable pour mes compañeros de voyage (et ça fait deux semaines que j’essaye de pondre cet article c’est dire !). Dans ces cas là comme toujours, on fait le dos rond, on essaye de se reposer, relativiser et attendre que ça passe (et je vous rassure c’est passé depuis :)). Oui la ville de Sucre est très jolie, avec son style colonial et tout de blanc vétu, et on peut y goûter les meilleurs jus de fruits du pays, mais voilà il était temps d’aller voir du côté de La Paz si ça se passait un peu mieux.

 

La Paz

Et pour cela on est parti de nouveau avec un bus de nuit. Sauf que bourbier, celui-ci est tombé en panne dans la nuit. On s’est retrouvé à Potosi à 1h du mat un peu comme des cons. Heureusement on a trouvé un autre bus très rapidement histoire de ne pas passer la nuit dehors. Sauf que ce n’était pas le même standing, le même confort et il n’y avait pas de chauffage (!!!), j’y ai donc passé la pire nuit de ma vie. La journée du lendemain ne sera pas bien productive. Bref la prochaine fois, c’est bus de jour.

L’arrivée à La Paz s’est faite par les hauteurs, on est ici à 3600 m d’altitude (la plus haute « capitale » du monde), et voir la ville qui s’étend sur les versants des montagnes, c’est plutôt impressionnant. Ici la plupart des maisons sont faites de briques rouge, seul dans le centre des buildings s’élèvent. Et pour apprécier cette grandeur, un petit tour de téléphérique s’impose afin de monter surplomber tout ça. C’est plutôt assez inhabituel comme type de transport urbain et ça permet d’avoir un angle différent sur la ville. Trois lignes survolent la cité et permettent de gagner un temps précieux, car ici lorsqu’on veut se déplacer, c’est taxi ou minibus collectifs, ils composent 90% des véhicules. La ville en est blindée et ça grouille de partout, le trafic est dense, ça klaxonne à tout va, rendant l’ambiance très bruyante et chaotique. Ajouter à cela des manifestations régulières, il n’est pas toujours simple de se déplacer ici…
Mais si La Paz reste une grande ville et n’a rien de bien sexy, c’est beaucoup plus joli et calme lorsque l’on s’éloigne et que l’on prend le temps de découvrir les alentours. En effet les montagnes qui entourent prennent des formes plutôt étranges, érodées par le temps et le climat, avec un aspect fondu et prenant parfois l’apparence d’orgues géants. Un petit tour par les vallées de La Luna et de Las Animas, La Muela del Diablo, pour apprécier la ville d’un autre point de vue. Et puis on peut aussi y admirer les deux grands sommets imposants de la région qui culminent à plus de 6000 m, Illimani et Huayna Potosi.
Au final on m’avait annoncé que La Paz était plutôt horrible, je ne l’ai pas ressenti ainsi. Peut-être que mon côté Grenoblois a joué, une grande ville coincée au milieu des montagnes ça me connaît 🙂 !! Et après un Sucre rebutant, ici on a senti un meilleur accueil (toute proportion gardée). La journée à la route de la mort a aussi fait du bien, le moral est donc revenu petit à petit. Bref, entre un wi-fi pas terrible et un mood moyen, j’ai eu du mal à trouver l’inspiration pour vous compter tout ça et j’ai pris pas mal de retard. Mais bon on va rattraper tout ça avec le Pérou ;).

La publication a un commentaire

  1. potet

    si tu as envie de trouver un livre sur le thème du voyage dans lequel sont décrites les différentes étapes de moral du voyageur, il y a l’usage du monde de Nicolas Bouvier…je te le passerai plus tard sinon.C’est lui qui a écrit : « Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait »… on va dire surtout qu’il nous fait…Bises

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