Un retour à la montagne s’imposait pour moi, un besoin de retrouver l’air des grands sommets. Et de repartir pour quelques jours de randonnée, avec en tête de faire un trek de quatre jours, le Santa Cruz. Pour cela direction Huaraz et la Cordillère blanche.

Un début en douceur avec Wilkahuain

J’ai laissé mon compañero Tristant à Lima, il n’était pas chaud pour le trek. Il veut venir aussi ensuite à Huaraz mais seulement pour quelques balades, du coup j’ai pris les devants. Mais avant de partir faire le trek, il fallait de nouveau s’acclimater à l’altitude. Après dix jours au niveau de la mer entre Huacachina et Lima, me voilà de nouveau à plus de 3000 m. Du coup j’ai commencé facile avec la balade de Wilkahuain. Au programme, trois heures aller-retour pour se mettre en jambe tout doucement et tester l’organisme. Vingt minutes de combi pour parvenir au début de la rando et me voilà au milieu de la campagne. Après les quartiers aisés de Lima, on retrouve le côté plus pauvre du Pérou, ici les gens vivent de l’agriculture et l’on sent les conditions de vie difficiles. Cochons, vaches, ânes, poules, chiens… accompagnent ma montée sur fonds de champs de blés dorés, magnifique. L’ascension se fait sans trop de mal, même si je sens que je suis loin d’être à 100%, surtout quand je vois des gamins tout droit sortis de l’école passer à côté de moi et me distancer en quelques minutes, j’en suis presque dégoûté. Arrivé là-haut, comme souvent on tombe sur une petite lagune, mais rien d’extraordinaire ici. Non ce qui l’est par contre, c’est la vue saisissante sur toute la Cordillère Blanche, là ça en impose. J’y resterais un petit moment afin de m’acclimater et de profiter de ce merveilleux panorama sur toutes les montagnes. La descente se fera tranquilement sans difficulté. Une bien belle balade pour commencer cette semaine à Huaraz.

 

Le bleu de la Laguna 69

Pour la deuxième rando, l’idée était de passer un cran au-dessus en matière de difficulté et d’altitude. La Laguna 69 était toute trouvée pour cela, six heures aller-retour et 750 m de dénivelé positif, le tout démarrant à 3900 m. Le lever se fait à six heures du mat, car il faut trois bonnes heures de bus pour rallier le départ de la rando. Sur la route, une première lagune annonce la couleur, avec ce bleu déjà très joli. Puis le début de la balade se fait en douceur dans une petite prairie verdoyante, où l’herbe y est rase et les fleurs de toutes les couleurs, un petit parfum d’Alpes du sud. Les animaux sont ici en libertés, vaches, cheveux et ânes côtoient la cinquantaine de randonneurs partis à l’assaut de la Laguna 69. Autour de nous, les sommets tout de blanc vêtu s’élèvent à 6000 m et sont impressionnants, on en aurait presque un torticolis. Côté rando on sent qu’on est passé un niveau supérieur, l’ascension est beaucoup plus compliquée que la veille, le souffle est court et la tête tourne très légèrement. Dans ces cas-là il faut y aller doucement, monter tranquillement, s’hydrater et faire souvent de petites pauses. Et après deux heures et demi de montée, la récompense, le voilà ce fameux lac. Et lorsque j’ai vu cette couleur bleue azur, j’ai dû me pincer pour y croire. C’est magnifique et le tout est entouré de montagnes grandioses. Le temps de profiter là-haut durant une bonne heure, il faut redescendre pour ne pas arriver trop tard pour prendre le bus. La descente se fait sans problème, en tout cas beaucoup plus facilement que la montée. Arrivé en bas et après une petite demi-heure pour attendre tous les randonneurs, c’est reparti pour trois heures de bus. Une journée bien ereintante mais la Laguna 69 est assurément un immanquable de la région de Huaraz, une des plus belles randos d’Amérique du Sud, oui monsieur. Voilà après ses deux épreuves, je suis plutôt acclimaté, je peux partir pour quatre jours pour le trek de Santa Cruz, mais ça sera pour le prochain article !

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