Si en Amérique du Sud je voyageais de façon assez lente, en Asie mon rythme était davantage intense, et le temps pour écrire de ce fait plus difficile à trouver. Sans compter mes soucis de santé qui m’empêchaient d’avoir la tête libre. Je profite du confinement pour combler mon retard en commençant par la fin de mon étape cambodgienne.

Phnom Penh, la perle de l’Asie

Je ne me répéterai jamais assez : en voyage j’adore visiter les villes ! J’aime pouvoir découvrir comment les gens vivent en ces métropoles, me mélanger à l’agitation du trafic, admirer l’architecture typique, déambuler dans les marchés locaux, découvrir la vie nocturne, voir tout bonnement comment ce petit monde s’adapte… La perle de l’Asie, comme on la surnomme, n’a pas dérogé à la règle. La capitale est la plupart du temps un sacré chaos, mais quand on s’y attarde, celle-ci regorge de petits coins charmants, parfois semblant encore bloquée en arrière à l’époque coloniale. Phnom Penh était aussi l’occasion de se reconnecter avec l’histoire de ce pays. Les visites notamment des sites de Choeung Ek (les Killing Fields) et du musée de Tuol Sleng (S21), permettent de mieux mesurer les horreurs du génocide des Khmers rouges pendant les années 70-80. Si le devoir de mémoire est bien présent, on sent que ces événements ont aussi une tout autre influence désormais sur l’attitude des Cambodgiens : joyeux et souriants, ils profitent simplement de la vie après ses années noires !


Koh Trong, au milieu du Mékong

C’est toujours un peu bizarre d’entendre un nom depuis des années et de bien plus tard mettre enfin une expérience sur ce nom. Le Mékong fait partie de ces fleuves mythiques, et jusque-là personnellement il était surtout associé à la guerre du Vietnam. Maintenant, il est un souvenir cambodgien. De Phnom Penh, j’ai rallié la ville de Kratié au centre du pays, d’où j’ai pris ensuite une embarcation pour arriver sur la jolie petite île de Koh Trong (10 minutes de traversée). J’ai hébergé en Homestay, accueilli par Vireak et ses parents, une famille adorable. Après Banteay Chhmar, ce fut une nouvelle chance de vivre en mode local, dans des conditions toujours autant précaires, mais simples au final. J’ai donc passé 3 jours sur ce petit bout de terre et profité de sa vie tranquille et agréable. L’île est très fleurie, une étroite route pavée en fait le tour et on la parcourt en quelques heures. On peut observer les gens aux champs, dans les rizières et autres cultures. Une balade en bateau m’a également permis de voir des dauphins d’eau douce, appelés dauphins de l’Irrawaddy, qui ont la particularité de ne pas avoir de nez (étant très compliqué de les prendre en photo, pour les curieux, Google est ton ami).


Les collines du Mondulkiri

J’ai pris ensuite la direction de Sen Monorom, à l’est et proche de la frontière vietnamienne. 5h de trajet avec 26 personnes (sans compter les poulets) dans un mini-van qui pouvait normalement en contenir seulement 14, c’était plutôt serré et rock’n roll ! J’avais choisi cette destination car je voulais, d’une part retrouver du relief (le Cambodge étant définitivement trop plat pour moi), et de l’autre avoir l’opportunité de voir des éléphants en semi-liberté. En petit comité et accompagnés d’une guide, nous avons passé une demi-journée dans la jungle avec deux magnifiques pachydermes. Nous avons pu les nourrir, les toucher, les observer et même les laver, le tout en milieu naturel. Une expérience incroyable. Ces éléphants qui auparavant servaient de transport de marchandises, voire d’hommes, sont dorénavant protégés (enfin je l’espère, c’est ce qu’on nous dit). Le tourisme « modéré » permettant de subvenir à leurs besoins. Nous avons aussi visité des villages traditionnels de la région. Il est toujours impressionnant de voir les conditions dans lesquelles certains vivent sur cette planète, à bien des distances de notre confort occidental.


Kampot et son poivre

En avril, c’est le nouvel an khmer. C’est donc les vacances et la plupart des Cambodgiens quittent Phnom Penh afin de rejoindre la province et leur famille. Il se retrouve notamment à Kampot, qui se trouve au sud et joui d’une situation idéale au bord de la côte océanique. Le climat est agréable et beaucoup moins lourd que dans la capitale. Comme un peu partout, cela n’a pas empêché les batailles d’eau durant les festivités. Cette ville est surtout mondialement connue pour son poivre. C’est en effet un des meilleurs du monde et il est utilisé en cuisine par les plus grands chefs. J’avoue qu’avant de m’intéresser à ce périple asiatique, je n’en avais jamais entendu parler. Mais j’en suis tombé amoureux, une odeur si parfumée et un goût incomparable, un régal. Si j’ai pu visiter des plantations de poivre, j’ai aussi découvert les autres alentours de la région : le petit village de Kep et sa spécialité du crabe, les hauteurs du parc Bokor, des marais salants, et des coucher de soleil à tomber par terre. Le tout avec le moyen de transport local bien évidemment, le scooter. Assurément mon étape préférée du Cambodge. La suite de mon trip m’attendait au Vietnam…

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